Les équipementiers en télécommunications Alcatel et Lucent Technologies ont annoncé samedi avoir reçu l'accord du CFIUS, la Commission sur les investissements étrangers aux Etats-Unis, pour leur projet de rapprochement.
A la suite de cet accord, le président américain George W. Bush a donné son aval à la fusion des deux sociétés levant le dernier obstacle à celle-ci.
Annoncée en avril dernier (article du 3 avril 2006), le rapprochement du français et de l'américain a été approuvé par les actionnaires des deux côtés de l'Atlantique en septembre (article du 8 septembre 2006) et doit être finalisée pour le 30 novembre prochain.
Cette décision scelle la création du numéro deux mondial des équipements télécoms, qui affiche un chiffre d'affaires d'environ 21 milliards d'euros en 2005, dont 13 milliards pour Alcatel (article du 2 février 2006). Concrètement, une réduction de 10% des effectifs, 9 000 postes, est prévue afin notamment de réaliser des synergies de l'ordre de 1,4 milliard d'euros. Autre conséquence, Pat Russo, patronne de Lucent et décrite comme proche de George W. Bush, sera la première femme à diriger une entreprise côtée au CAC 40.
Alcatel et Lucent ont reçu l'accord du CFIUS pour leur projet de rapprochement. Cet accord est necessaire, en application de la loi Exon-Florio, pour toute opération capitalistique portant sur une entreprise américaine initié par une société étrangère.
A l'issue de son processus d'approbation, le CFIUS a remis au Président des Etats-Unis un avis favorable au projet. Le Président a suivi la recommandation du CFIUS de ne pas suspendre ou interdire le projet de rapprochement, sous réserve que les sociétés, dans un délai rapproché, mettent en place un « National Security Agreement » (accord de sécurité nationale) et un « Special Security Agreement » (accord de sécurité spéciale), sur lesquels ils se sont mis d'accord avec l'administration américaine. Alcatel et Lucent ont précisé qu'ils mettront en place dans les délais demandés le « National Security Agreement » (accord de sécurité nationale) et un « Special Security Agreement » (accord de sécurité spéciale), tel que précédemment décidé avec l'administration américaine.
Ainsi, les laboratoires de recherche et de développement de Lucent, les Bell Labs, impliqués dans de nombreux domaines avec l'armée américaine, devront être sanctuarisées pour ne pas mettre en péril la sécurité nationale des Etats-Unis.