Le groupe Iliad a présenté ce matin ses résultats pour l’année 2006, au lendemain de l’annonce surprise du départ, d’ici l’été, de Michaël Boukobza, son directeur général, présente depuis 7 ans (article du 13 mars 2007).
Alors que début février l’entreprise avait dévoilé un chiffre annuel en progression de 31,2 %, à 950 millions d’euros, le résultat opérationnel avant amortissement des immobilisations (ROAA) consolidé du groupe affiche une progression de 47,8%, alors que le résultat net consolidé augmente de 80%.
Pour 2007, Free, second fournisseur d’accès haut débit français avec 2,278 millions d’abonnés fin 2006, escompte conquérir plus de 500 000 nouveaux clients ADSL pour atteindre les 2,8 millions d’abonnés.
Iliad a profité de sa présentation pour faire le point sur ses développements dans la fibre optique et pour réaffirmé son intérêt pour la quatrième licence mobile 3G, même si l’entreprise réclame toujours des aménagements de ses conditions d’attribution.
L’année 2006 aura été une année de forte croissance des activités d’Iliad avec une chiffres d’affaires en croissance de 31,2% à 950,3 millions d’euros, dont 163,4 millions d’euros généré par les services optionnels à valeur ajoutée de la Freebox, contre 74,8 millions d’euros en 2005.
Avec 683 000 nouveaux abonnés depuis fin 2005 (article du 10 février 2006), l’année 2006 a été une année historique en terme de recrutements d’abonnés ADSL, ce qui a permit d’atteindre un total de 2 278 000 abonnés ADSL au 31 décembre 2006 (article du 7 février 2007). Sur ce total, 75,9% sont dégroupé [44% en dégroupé total et 31,9% en dégroupage partiel] et Free, qui table sur 2,8 millions d’abonnés ADSL fin 2007, veut porter ce ratio à 80% en un an. L’offre ADSL-nu, lancée à la rentrée 2006 (article du 22 août 2006), représente 2% des abonnés Freebox.
Le lancement de la Freebox HD (article du 20 avril 2006), a « largement contribué à la croissance record d’abonnés ADSL en 2006 » selon l’opérateur, cette dernière équipant déjà 26,4% des abonnés Free.
Free occupe 19% du marché ADSL grand public à la fin 2006, contre 49,4% pour Orange, 18,1% pour Neuf Cegetel, 6,4% pour Telecom Italia et sa marque Alice, alors que Club Internet et ses 5,2% de parts de marché sont actuellement en vente (article du 2 mars 2007).
Le groupe Iliad a également fait le bilan des offres de vidéo à la demande qu’il propose, alors que cette offre a été enrichie en ce début d’année par les programmes de TF1 Vision et M6 Vidéo (article du 5 janvier 2007). La vidéo à la demande représente 3 100 contenus disponibles chez Free, dont 1 800 pour Canaplay, 450 concerts chez i-Concert et 900 contenus adultes.
De bons résultats financiers
La stratégie d’Iliad, qui repose sur le dégroupage de la boucle locale et sur une utilisation croissante des servies optionnels à valeur ajoutée de la Freebox, a conduit à une amélioration de la profitabilité du groupe. Ainsi, le résultat opérationnel avant amortissement des immobilisations (ROAA) du groupe a progressé de 47,8%, à 331,6 millions d’euros, et la marge de ROAA du groupe s’est établie à environ 34,9% contre 31% l’année précédente. Une évolution tirée par le ROAA du secteur Haut Débit qui a enregistré une hausse de 54,3% sur l’année pour s’élever à 307,9 millions d’euros. En 2006, la marge de ROAA du secteur Haut Débit a atteint 36,6% contre 34,5% en 2005. La marge brute moyenne par abonné dégroupé a dépassé les 20 euros en 2006 avec 58% d’abonnés en dégroupage total sur un parc de 1 730 000 abonnés dégroupés.
De bons résultats qui ont permit une augmentation du résultat opérationnel courant à 185,2 millions d’euros, avec une marge de 19,5%, et une progression du résultat net de 68,9 millions d’euros en 2005 à 123,9 millions d’euros en 2006, avec une marge de 13%.
Pour 2007, Iliad « entend poursuivre sa stratégie de croissance rentable et estime que sa position de free cash- flow lui permet de conserver durablement son avance en matière d’innovations technologiques et lui garantit une position unique sur le marché français. »
Rappelons que dans le domaine de la téléphonie traditionnelle, dont le chiffre d’affaire à enregistré une baisse de 26% en 2006, le groupe Iliad, qui a vendu Société.com pour un montant de 7,8 millions d’euros août dernier ((article du 4 août 2006), s’est séparé en ce début d’année du spécialise de la téléphonie prépayée Kertel (article du 9 février 2007).
développement de la fibre, la 3G en question
Iliad a profité de la présentation de ses résultats pour faire le point sur son projet de déploiement de fibres optiques, pour lequel il escompte 30 000 abonnés fin 2007, sur près de 500 000 foyers desservis, avec une offre triple play (internet-téléphone-télévision) à 29,99 euros par mois pour un débit de 50 Mbps.
En septembre 2006 (article du 11 septembre 2006), Iliad a annoncé son projet de déploiement FTTH (Fibre optique jusqu’à l’abonné) « qui représente l’étape logique suivante à sa stratégie de dégroupage. » Iliad confirme un investissement global d’un milliard d’euros d’ici 2012. En 2007, ces investissements devraient s’élever à 150 millions d’euros et seront consacrés « au déploiement de la fibre dans Paris et quelques autres villes. » Le rapport de gestion du groupe révèle qu’en 2006, les investissements FTTH représentent 8,4 millions d’euros, sur un total annuel d’investissements de 284 millions d’euros, alors que le groupe à racheté l’opérateur par fibre parisien Citéfibre (article du 20 octobre 2006) et
En 2007, Iliad prévoit l’équipement de 15 nœuds de raccordement optiques dans la capitale, principalement dans le sud et l’est parisien. Ainsi, 1 000 kilomètres de fibres seront déployés pour couvrir 350 000 habitations. Hors de la capitale, Iliad prévoit des déploiements à Montpellier, Lyon et sa banlieue, Valenciennes et dans la banlieue parisienne pour un total de 150 000 foyers desservis, alors que les travaux de génie civil lié à ces opérations devraient débuter au troisième trimestre 2007.
Ces informations précisent les idées de Free dans ce domaine, alors qu’Orange a dévoilé son offre commerciale (article du 16 février 2007), tout en commençant son déploiement à Toulouse (article du 13 mars 2007), et que Neuf Cegetel a révélé l’offre qu’il lancera en avril à Paris et ses projets dans la fibre (article du 7 mars 2007).
Pour ce qui est du WiMAX, dont sa filiale IFW est titulaire de la seule licence nationale (article du 3 juillet 2006), l’opérateur précise uniquement que des tests en milieu urbain seront mené d’ici la fin 2007.
En ce qui concerne la 3G, Iliad a exprimé un intérêt pour la 4ème licence de téléphonie mobile à la fin de l’année 2006 (article du 20 novembre 2006). Le groupe pense que « les utilisateurs de téléphonie mobile en France aspirent à une plus grande concurrence sur ce marché et l’arrivée d’un quatrième opérateur permettrait d’y contribuer. » Mais, restant sur ses positions, Iliad « estime que les modalités posées par les pouvoirs publics conditionnent le succès de ce projet et qu’un traitement équitable d’un nouvel entrant ne signifie nullement un prix de licence et des conditions de paiement équivalents. » Hors, selon l’appel à candidatures ouvert jusqu’à fin juillet, les modalités envisagée son calquée sur celles des trois licences UMTS déjà attribuées (article du 9 mars 200), c’est à dire un versement de 619 millions d’euros, plus 1% du chiffre d’affaires généré, auquel il faut ajouter des contraintes de déploiement, comme l’engagement de couvrir 25% de la population deux ans après l’attribution de la licence et 80% six ans plus tard.
Iliad pose donc comme éléments déterminants à sa décision d’investir dans la 3G, soit une baisse significative du tarif de la licence, soit un étalement de son paiement, ou encore l’arrivée d’un partenaire financiers pour soutenir son investissement.