L’Observatoire Mondial des Systèmes de Communication (OMSYC), pôle indépendant de recherche et d’analyse international depuis 1988, vient de publier une étude portant sur les performances des opérateurs mobile en Europe.
Cette analyse, qui porte sur 52 opérateurs mobile de réseau dans 15 pays européens, abouti à un classement dans lequel les trois opérateurs français apparaissent dans les 7 premières places : SFR troisième, Orange sixième et Bouygues Telecom septième.
L’OMSYC a analysé 60 opérateurs mobiles dans l’Europe des 15 (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays Bas, Portugal, Royaume Uni, Suède) entre 2000 et 2005. Ce marché représentait 390 millions de lignes fin 2005. Avec 140 milliards d'euro de revenus réseau récurrents en 2005, chiffre en croissance de +13% par an depuis 2000, le secteur affiche un EBITDA total de 54 milliards d'euro et a réinvesti 85% de ses recettes entre 2000 et 2005.
Alors que 70% du marché détenu par 5 acteurs majeurs (Vodafone, Deutsche Telekom, Orange, Telefonica et Telecom Italia), l'opérateur « moyen » européen affiche près de 8 millions de clients, 2,7 milliards d'euro de CA et 1 milliards d'euro d’EBITDA en 2005, même si note l'étude "de très fortes disparités entre anciens et nouveaux entrants sur tous les marchés."
Un indicateur de performance globale a ainsi été construit à partir d’un indicateur de performance concurrentielle et d’un indicateur de performance financière chacun calculé sur la base de trois critères. Vingt-six opérateurs ont pu être totalement étalonnés sur tous les critères.
Le finlandais Sonera est ainsi l’opérateur le plus performant d’Europe alliant bonnes performances concurrentielles (part de marché, usage moyen par ligne, revenu moyen par ligne, etc.) et financières(EBITDA, EBIT, indicateur de Free Cash Flow...). Le belge Proximus, appartenant à Belgacom, ressort au 2ème rang grâce à ses performances financières. SFR arrive en 3ème position et les filiales domestiques des opérateurs historiques espagnol (Telefonica Moviles), italien (TIM) et français (Orange France) se classent aux 4ème, 5ème et 6ème rang. En 7ème position, Bouygues Telecom est le seul opérateur non affilié à Vodafone ou à un opérateur historique figurant parmi les 10 premiers. Bouygues Telecom est suivi du danois TDC Mobile, du suédois Telia et de Vodafone Spain, qui complètent le top 10. Le bas du classement est notamment constitué d’opérateurs entrés tardivement sur les marchés handicapés par leurs moindres performances financières et leurs difficultés à pénétrer les marchés.
L’OMSYC conclue que la performance calculée des opérateurs provient plus de facteurs exogènes que de leur efficience intrinsèque. Ainsi, « les opérateurs derniers entrants ont bien rempli leur rôle concurrentiel comme en attestent leurs performances en prix et en consommation, pourtant, ils ne comblent pas leur déficit de part de marché, ce dont pâtit la performance financière. » Par ailleurs, « l’internationalisation des opérateurs historiques a servi jusqu’à présent la croissance plus que la rentabilité. L’émergence d’opérateurs paneuropéens n’a pas produit de synergies bien identifiables et n’améliore guère l’indicateur de performance concurrentielle. »