Michel Rocard a remis le 5 avril le rapport sur l'économie numérique que la candidate socialiste Ségolène Royal lui avait commandé.
L'ancien premier ministre, actuellement député européen, qui s'est prononcé contre la brevetabilité des logiciels, y développe 94 recommandations, concernant notamment la culture numérique, avec une refonte de la DADVSI, un investissement plus fort et une environnement plus favorable aux innovations, une démocratie électronique participative et des services publics plus ouverts, avec plus de données publiques gratuites accessibles.
Parmi les recommandations, la réduction de la fracture numérique figure en bonne place. Ainsi, le rapport recommande de porter de 44% à 75% la part de foyers équipés d'un ordinateur et connectés à Internet, en portant notamment l'effort sur les populations sous équipées, ouvriers, employés, retraités et étudiants, ces derniers étant aidés grâce à la prise en charge de l’ordinateur portable de 100 000 étudiants.
Pour ce faire, « la fiscalité devra être adaptée, notamment pour faciliter la réutilisation des ordinateurs par donation et recyclage », une position qui rejoint celle exprimée par un groupe d'acteurs de l'économie numérique (article du 2 avril 2007), Renaissance Numérique.
Pour le cas de l’accès à Internet, le rapport préconise l'instauration d'un un tarif social de l’accès haut débit, à l'instar du tarif social de l’abonnement téléphonique, à un niveau « d’environ 5 €/mois » grâce à la mise place d'un fonds numérique. Avec la fourniture d'un ordinateur, en plus d’une connexion à haut débit, « un niveau cible de 15 à 20 €/mois tout compris semble atteignable dans le cadre du tarif social. »