Tout comme pour l'ADSL et le dégroupage, la fibre optique devient l'un des chevaux de bataille de l'ARCEP. Le gendarme des télécoms encadrera la mutualisation des réseaux de fibre au pied des immeubles et l'accès aux fourreaux de l'opérateur historique par les opérateurs alternatifs.
Le président de l'ARCEP, Paul Champsaur, estime que "des dispositions législatives sont nécessaires afin d’obliger les opérateurs à mutualiser la partie terminale de leur réseau fibre dans les immeubles". En clair, la régulation de l'ARCEP devrait organiser au mieux le partage des installations nécessaires pour déployer rapidement et efficacement la fibre optique dans les immeubles.
Un immeuble est déja câblé par Numericable ? Orange, Free et Neuf pourront ainsi profiter d'une partie du réseau de Numericable pour installer leurs propres fibres et proposer leurs offres FTTH. En clair, la coopération entre les FAI va contribuer à faciliter l'arrivée de la fibre dans les zones urbaines, tout en évitant la création de monopoles dans certains quartiers.
Rappelons ainsi que tous les opérateurs se sont lancés dans une véritable course pour obtenir en premier l'accord des syndics et commencer à fibrer les immeubles. Le premier arrivé étant alors quasiment certain d'emporter la mise... L'Autorité devrait donc intervenir auprès des syndics d’immeuble pour les informer davantage et fournir des recommandations pour faciliter le déploiement de la fibre dans les futurs immeubles en chantier.
La régulation de l'ARCEP concerne également la question du réseau national de fibre optique de France Télécom. L'opérateur historique a ainsi hérité d'une infrastructure de plus de 350 000 km de fibre qui lui confère un avantage écrasant sur les opérateurs alternatifs. Pour stimuler la concurrence, l'ARCEP a demandé à France Télécom de mettre en oeuvre une offre de gros pour que les FAI puissent louer ce réseau, sur un modèle en quelque sorte identique à celui de l'ADSL et du réseau de paire de cuivre. En devenant le Gendarme de la fibre optique, l'ARCEP compte favoriser le déploiement rapide et harmonieux du très haut débit en France. Des projections avancent un taux de couverture de 50% de la population d'ici 2015.