Un an après Auchan et Carrefour, quelques jours après Casino, Edouard Leclerc décroche sa casquette de MVNO (opérateur de téléphonie virtuel). «Nous ne prenons que les avantages du système et proposons une offre différenciée», explique Rémy Nauleau, président de Leclerc Telecom qui veut d'abord toucher les 16% de Français qui ne possèdent pas encore de mobile. Et devenir deuxième MVNO d'ici à deux ans.
Sa recette pour convaincre, la «dégressivité». Principe: un abonnement mensuel de 1,50 euros et des recharges de 5 euros à 100 euros, valables un an. Avec un coût initial à la minute de 0,39 euros, l'offre E. Leclerc Mobile joue l'originalité : à chaque nouvelle demi-heure d'appel franchie par mois, la minute voit son coût diminuer, tombant à 0,10 euros/min après 2h30 de communications. Cette réduction prend forme d'un crédit à la consommation automatiquement reversé.
«C'est compliqué», réplique Auchan. «C'est loin d'être la meilleure offre», répond Carrefour qui suggère aux consommateurs de «prendre leur calculette pour comparer». Bref, la guerre est déclarée. D'autant que chez les MVNO, la ligne est déjà saturée. «Avec leurs forfaits et leurs offres prépayées sans engagement, ils ont du mal à dégager une marge et proposer des offres intéressantes», remarque un observateur. Pour être plus compétitifs, les opérateurs virtuels réclament un statut assoupli.
En attendant, les chaînes de distribution nourrissent un objectif double. En proposant à leurs abonnés des remises en magasin, ils veulent fidéliser de nouveaux clients. Arme fatale, le SMS avec promotion ciblée selon le profil de l'acheteur. Problème, en souscrivant leur abonnement, seuls 20% des clients accepteraient de recevoir ces offres.