Le ministère de la Santé a invité les parents à la "prudence" dans l'achat et l'usage de téléphones mobiles pour les enfants, selon un communiqué diffusé mercredi, alors qu'un nouveau téléphone pour de jeunes enfants a été mis sur le marché à l'occasion des fêtes.
"L'hypothèse d'un risque ne pouvant être complètement exclue, une approche de précaution est justifiée", estime le ministère.
Le communiqué invite les familles "à la prudence et au bon usage dans leurs achats et l'utilisation de tels dispositifs", rappelant qu'un usage modéré du téléphone mobile est conseillé, notamment aux enfants, "plus sensibles étant donné que leur organisme est en cours de développement".
La mise sur le marché d'un nouveau modèle d'appareil mobile à destination des enfants à l'occasion des fêtes de fin d'année avait provoqué de vives réactions d'organisations de défense de l'environnement, qui doivent rencontrer à ce propos la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, le 15 janvier.
Les deux associations, Agir pour l'environnement et Priartèm, avaient demandé l'interdiction de ces appareils.
Elles s'étaient indignées de "l'inaction chronique" du ministère sur la question, "alors que l'on sait que le cerveau des enfants absorbe 60% de plus de rayonnement électromagnétique que celui des adultes".
Le ministère précise qu'"aucune preuve scientifique ne permet de démontrer aujourd'hui que l'utilisation des téléphones mobiles présente un risque notable pour la santé", mais que plusieurs études scientifiques mettent en évidence la possibilité d'un risque faible d'effet sanitaire après utilisation intense et de longue durée (plus de dix ans) des téléphones mobiles.
L'organisation mondiale de la santé (OMS) s'est engagée à réaliser une synthèse de l'ensemble des résultats des études scientifiques sur les radiofréquences.
Le mois dernier, le Conseil scientifique de la Fondation Santé et Radiofréquences - à laquelle participent des constructeurs et opérateurs de téléphonie mobile - avait invité à la prudence dans l'usage des téléphones portables par les jeunes enfants. La Fondation conseillait aux parents "qui décideraient de confier un téléphone portable à leur enfant de veiller à un emploi limité".
Au cours des trois dernières années, la commercialisation de deux appareils visant le marché des jeunes enfants avait été interrompue par les distributeurs sous la pression des associations.