Certains accusent l’opérateur historique d’avoir masqué les recettes tirées du dégroupage et demandent à l’Arcep une nouvelle baisse des prix.
La guerre des prix dans l’ADSL n’est peut-être pas achevée. Depuis quelques semaines, les opérateurs alternatifs font pression sur l’Arcep pour obtenir une nouvelle baisse des tarifs du dégroupage. Lorsqu’un abonné quitte Orange pour Neuf Cegetel, Free ou Alice, ces derniers doivent tout de même s’acquitter d’un droit de passage de 9,29 euros hors taxe, fixé en 2005 et pour trois ans par le régulateur, en échange d’une hausse de l’abonnement téléphonique. Aujourd’hui, les opérateurs alternatifs exigent une baisse sensible.
Et ils ont plusieurs arguments à faire valoir. Certes, la part de marché de France Télécom dans l’accès à internet est toujours légèrement au-dessous de 50%. Mais elle est montée jusqu’à 54% dans le recrutement de nouveaux abonnés au cours du quatrième trimestre 2007. Ensuite, un document présenté par l’Arcep lors d’une réunion mi-mars, pointait chez France Télécom « un bénéfice opérationnel de 665 millions d’euros en 2006 pour la seule location de son réseau », précisent Les Echos. En coulisse, certains accusent France Télécom de camoufler ses profits.
En engrangeant des abonnés en dégroupage total, les opérateurs alternatifs ont finalement l’impression de renforcer les moyens de leur concurrent. Le tout, alors que les investissements dans la fibre optique exigent des moyens considérables et que France Télécom, par son réseau, dispose déjà d’une longueur d’avance. Un réexamen complet des tarifs de gros a donc été demandé à l'Arcep. A la fin 2007, la France comptait 14,8 millions d’abonnés à l’ADSL, dont 3,6 millions en dégroupage total.